Apostille et légalisation : faire accepter en Algérie un document étranger, et l'inverse

Depuis le 9 juillet 2026, un document public venu d'un pays partie à la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 s'utilise en Algérie avec une apostille, apposée par une autorité de ce pays : le consulat d'Algérie n'a plus à le légaliser. Pour un document algérien destiné à l'étranger, l'apostille coûte 1 500 DA de droit de timbre. Avec les pays non parties, et avec l'Allemagne, l'Autriche et la Grèce, qui ont fait objection à l'adhésion de l'Algérie, la légalisation consulaire continue, et une pièce rédigée dans une autre langue que l'arabe passe ensuite chez un traducteur-interprète officiel.

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En bref

Convention
La Haye, 5 octobre 1961 (apostille)
Applicable en Algérie
Depuis le 9 juillet 2026
Adhésion
Décret présidentiel n° 25-217 du 4 août 2025, JO n° 55 de 2025
Apostille algérienne
Droit de timbre de 1 500 DA, payé contre une vignette
Légalisation maintenue
Pays non parties, Allemagne, Autriche, Grèce
Traduction en arabe
Par un traducteur-interprète officiel
Sommaire

Apostille ou légalisation : qui fait quoi

Un notaire ou un agent du CNRC (Centre national du registre du commerce) à Alger ne peut pas vérifier lui-même la signature d'un notaire installé à l'étranger. Il lui faut une attestation. Jusqu'au 8 juillet 2026, c'était la légalisation : le consulat d'Algérie du pays d'origine attestait la signature, la qualité du signataire et le sceau. Depuis le 9 juillet 2026, avec les pays parties à la Convention, l'apostille remplace cette formalité. Une autorité désignée par le pays qui a délivré le document l'appose, et le document ne passe plus par le consulat.

PointApostilleLégalisation consulaire
Qui la délivreUne autorité désignée par le pays qui a émis le documentLe consulat du pays où le document servira
Où la demanderDans le pays d'origine du documentAu consulat dont dépend le lieu de signature
Entre quels paysDeux États parties, sans objection entre euxDans les autres cas
Ce qu'elle attesteSignature, qualité du signataire, sceau ou timbreSignature, qualité du signataire, sceau ou timbre
Les deux formalités côte à côte

Les documents concernés

La Convention vise les actes publics. Elle en définit quatre catégories, qui couvrent la plupart des pièces d'un dossier de société :

  • les documents d'une juridiction, y compris ceux du ministère public, d'un greffier ou d'un huissier de justice : un extrait de registre du commerce délivré par un greffe en fait partie ;
  • les documents administratifs, comme un acte de naissance, un extrait de casier judiciaire ou l'extrait d'un registre des sociétés tenu par une administration ;
  • les actes notariés, comme une procuration notariée ou des statuts reçus par un notaire ;
  • les déclarations officielles portées sur un acte sous seing privé : certification de signature, mention d'enregistrement, date certaine.

Les pièces d'un dossier de création

PiècePays partie, sans objectionAutre paysEnsuite
Procuration signée devant un notaire du pays de résidenceApostille de ce paysLégalisation par le consulat d'AlgérieTraduction en arabe
Procuration établie au consulat d'AlgériePas d'apostille : acte consulaire algérienPas d'apostille : acte consulaire algérienDemandez au notaire s'il veut la signature du consul légalisée
Statuts et extrait d'immatriculation d'une société associée étrangèreApostille du pays d'immatriculationLégalisation par le consulat d'AlgérieTraduction en arabe
Décision qui désigne le représentant de cette sociétéSignature certifiée, puis apostilleSignature certifiée, puis légalisation consulaireTraduction en arabe
Acte de naissance ou casier judiciaire d'un associé ou du gérant étrangerApostille du pays qui les délivreLégalisation par le consulat d'AlgérieTraduction en arabe
Pièce venue de l'étranger : la formalité à prévoir

Avant de lancer quoi que ce soit à l'étranger, demandez au notaire qui recevra les statuts la liste des pièces et la forme attendue pour chacune. Une apostille à refaire vous coûte un nouveau rendez-vous dans le pays d'origine, parfois un voyage.

La procuration d'un membre de la diaspora

Vous vivez à l'étranger et une personne de confiance signera en Algérie à votre place. Vous avez le choix entre deux voies.

Au consulat d'Algérie

Le chef de poste consulaire exerce des fonctions notariales : il établit l'acte ou certifie votre signature. La procuration devient un acte consulaire algérien, et la Convention de La Haye ne s'applique pas aux documents établis par des agents consulaires : pas d'apostille à demander. Le décret prévoit en revanche que le ministère des Affaires étrangères légalise la signature du consul. Demandez au notaire en Algérie s'il exige cette formalité avant d'accepter la procuration.

Devant un notaire de votre pays de résidence

Si ce pays est partie à la Convention et n'a pas fait objection à l'adhésion de l'Algérie, l'autorité compétente de ce pays appose l'apostille sur la procuration notariée. Le consulat d'Algérie n'intervient plus : la Convention demande à chaque État d'empêcher ses consulats de légaliser dans les cas où elle en dispense. Dans les autres pays, le consulat d'Algérie légalise la signature. Vous faites ensuite traduire la procuration en arabe, en Algérie.

Les étapes pour un document étranger

  1. 1

    Vérifier le pays d'émission

    Consultez le tableau de la Convention sur le site de la Conférence de La Haye (HCCH) : le pays qui a délivré le document doit y figurer, sans objection à l'adhésion de l'Algérie.

  2. 2

    Obtenir le bon exemplaire

    Original ou copie délivrée par l'autorité, selon ce que demande le notaire ou l'administration en Algérie.

  3. 3

    Demander l'apostille dans le pays d'origine

    Chaque pays désigne ses autorités compétentes et fixe ses frais. Le signataire ou toute personne qui détient le document peut faire la demande.

  4. 4

    Faire traduire en Algérie

    Confiez le document apostillé à un traducteur-interprète officiel. Demandez au notaire si la traduction doit aussi couvrir l'apostille.

  5. 5

    Remettre le dossier

    Déposez l'original apostillé et sa traduction chez le notaire ou à l'administration concernée.

Les pays où l'apostille ne vaut pas avec l'Algérie

La Convention ne joue qu'entre deux États parties. Une adhésion ne produit ses effets qu'avec les États qui n'ont pas fait objection dans les six mois. L'Allemagne, l'Autriche et la Grèce ont fait objection à l'adhésion de l'Algérie : avec ces trois pays, la légalisation reste nécessaire.

Pour un document venu de l'un de ces trois pays, ou d'un pays non partie, les textes algériens prévoient la légalisation par le consulat d'Algérie. Le consulat vous dira s'il demande d'abord une authentification par les autorités locales. Un accord bilatéral entre l'Algérie et ce pays peut aussi alléger ou supprimer la formalité : la Convention le permet.

Un document algérien à utiliser à l'étranger

Vous créez une filiale à l'étranger, ou une banque étrangère vous demande votre extrait de casier judiciaire ou votre acte de naissance. Si le pays destinataire est partie à la Convention sans objection, le document algérien reçoit une apostille algérienne.

Le droit de timbre s'élève à 1 500 DA par apostille, à la charge du demandeur. Vous le payez à la recette des impôts ou dans un bureau de poste, sur présentation de votre pièce d'identité, et vous recevez une vignette autocollante sécurisée. L'autorité compétente colle ensuite la vignette sur le document. Si la vignette est perdue, abîmée ou volée, l'organisme émetteur délivre un duplicata pour 600 DA.

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé une plateforme nationale, apostille.gov.dz, pour préparer la demande. D'après son communiqué de fin juin 2026, l'apostille couvrait au démarrage les documents de cinq secteurs : intérieur, justice, enseignement supérieur, éducation nationale et formation professionnelle. Pour un document d'une autre administration, vérifiez sur la plateforme s'il est déjà pris en charge.

Depuis l'étranger, vous pouvez confier la demande à un proche : la Convention permet au signataire ou à toute personne qui détient le document de demander l'apostille. Votre proche achète la vignette sur présentation de sa propre pièce d'identité et se présente avec l'original.

Pour un pays non partie, ou l'un des trois pays qui ont fait objection, adressez-vous à son ambassade ou à son consulat en Algérie : ce pays fixe la formalité à accomplir et décide s'il exige une traduction dans sa langue.

La traduction officielle en arabe

En Algérie, les actes se rédigent en arabe, et la loi interdit d'enregistrer ou de publier un acte rédigé dans une autre langue. Le notaire et les administrations demandent donc la traduction en arabe des pièces rédigées en français, en anglais ou dans une autre langue.

La traduction se fait chez un traducteur-interprète officiel. Ce professionnel est un officier public, nommé par arrêté du ministre de la Justice, et lui seul peut authentifier et certifier la traduction d'un document. Sa traduction certifiée fait foi de son contenu jusqu'à preuve d'infidélité.

Le coût de ces formalités

FormalitéMontantRéférence
Apostille d'un document algérien1 500 DA de droit de timbreCode du timbre, art. 142 sexies (loi de finances pour 2026, art. 47)
Duplicata de la vignette600 DAMême article
Apostille d'un document étrangerFixée par le pays qui la délivreAutorité compétente de ce pays
Légalisation au consulat d'AlgérieTarif du consulatÀ demander au consulat
Traduction officielle en arabeTarif du traducteur-interprète officielDemandez un devis avant de confier les pièces
Montants connus et montants à demander

Votre création depuis l'étranger avec Neuron

L'apostille, la légalisation et la traduction officielle relèvent d'autorités et d'officiers publics : vous les obtenez vous-même ou par un proche. Neuron prend en charge le dossier de création. L'accompagnement complet depuis l'étranger coûte 70 000 DA pour une personne physique et 80 000 DA pour une société, honoraires hors frais officiels, avec 10 000 DA de moins si la société est domiciliée chez nous, soit 60 000 DA et 70 000 DA.

La domiciliation à Dely Brahim coûte 6 000 DA par mois, avec un contrat notarié d'un an ou de deux ans, prêt en 3 jours maximum. Il nous faut la pièce d'identité et l'extrait de naissance du gérant. Si cet extrait vient de l'étranger, il suit les règles de cette page : apostille ou légalisation, puis traduction.

Accompagnement à la création

Dénomination, statuts, registre du commerce, NIF, NIS, CASNOS : on suit le dossier avec vous.

  • Personne physique : 50 000 DA, société : 60 000 DA
  • 10 000 DA de moins si vous êtes domicilié chez Neuron, même depuis l'étranger
  • Depuis l'étranger : 70 000 DA ou 80 000 DA

Dès 40 000 DA

Les erreurs fréquentes

  • Demander au consulat de légaliser un document d'un pays partie à la Convention : depuis le 9 juillet 2026, il faut l'apostille de ce pays.
  • Compter sur l'apostille avec un pays non partie, ou avec l'Allemagne, l'Autriche ou la Grèce.
  • Faire traduire avant d'avoir l'apostille, puis payer une deuxième traduction.
  • Demander une apostille pour des statuts signés sans notaire, sans avoir fait certifier la signature.
  • Lancer les démarches à l'étranger sans la liste du notaire qui recevra les actes.
  • Oublier qu'un associé qui ne parle pas la langue de l'acte a besoin d'un traducteur-interprète officiel le jour de la signature.

Questions fréquentes

L'Algérie applique-t-elle l'apostille ?

Oui. L'Algérie a adhéré à la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 par le décret présidentiel n° 25-217 du 4 août 2025, publié au Journal officiel n° 55 du 17 août 2025. La Convention s'applique pour l'Algérie depuis le 9 juillet 2026.

Mon document vient d'Allemagne : l'apostille suffit-elle ?

Non. L'Allemagne, comme l'Autriche et la Grèce, a fait objection à l'adhésion de l'Algérie, et la Convention ne s'applique pas entre ces pays et l'Algérie. Passez par la légalisation du consulat d'Algérie, et vérifiez le tableau de la Conférence de La Haye au moment de la démarche.

Une procuration faite au consulat d'Algérie doit-elle être apostillée ?

Non. C'est un acte consulaire algérien, et la Convention ne s'applique pas aux documents établis par des agents consulaires. Le décret sur la fonction consulaire prévoit que le ministère des Affaires étrangères légalise la signature du consul : demandez au notaire s'il exige cette formalité.

Combien coûte l'apostille d'un document algérien ?

1 500 DA de droit de timbre par apostille, payés à la recette des impôts ou dans un bureau de poste sur présentation d'une pièce d'identité. Vous recevez une vignette autocollante que l'autorité compétente colle sur le document. Le duplicata d'une vignette perdue, abîmée ou volée coûte 600 DA.

Faut-il encore traduire un document apostillé ?

Oui, s'il n'est pas rédigé en arabe. L'apostille porte sur la signature et le sceau, et le document garde sa langue. Faites-le traduire en Algérie par un traducteur-interprète officiel, seul habilité à certifier une traduction.

Qui peut demander l'apostille ?

Le signataire du document ou toute personne qui le détient. Pour un document algérien, un proche en Algérie peut donc faire la demande à votre place, avec l'original.

Neuron peut-il faire l'apostille à ma place ?

Non. L'autorité du pays qui a émis le document délivre l'apostille, et un traducteur-interprète officiel fait la traduction. Nous nous occupons de la création de votre entreprise depuis l'étranger : 70 000 DA pour une personne physique, 80 000 DA pour une société, 10 000 DA de moins avec la domiciliation chez Neuron, hors frais officiels.

Sources officielles

  1. [1]Décret présidentiel n° 25-217 du 4 août 2025 portant adhésion à la Convention de La Haye du 5 octobre 1961, et texte de la Convention, JO n° 55 du 17 août 2025
  2. [2]Loi n° 25-17 du 14 décembre 2025 portant loi de finances pour 2026, art. 47 (code du timbre, art. 142 sexies), JO n° 88 du 31 décembre 2025
  3. [3]Arrêté interministériel du 9 juillet 2026 fixant les modalités de perception du droit de timbre applicable à l'apostille, JO n° 62 du 29 août 2026
  4. [4]Décrets présidentiels n° 02-405 (fonction consulaire) et n° 02-407 (chefs de postes consulaires) du 26 novembre 2002, JO n° 79 du 1er décembre 2002
  5. [5]Ordonnance n° 95-13 du 11 mars 1995 portant organisation de la profession de traducteur-interprète officiel, JO n° 17 du 29 mars 1995
  6. [6]Loi n° 91-05 du 16 janvier 1991 portant généralisation de l'utilisation de la langue arabe, JO n° 3 du 16 janvier 1991
  7. [7]Conférence de La Haye de droit international privé (HCCH) : état présent de la Convention Apostille, parties et objections
  8. [8]HCCH : l'Algérie adhère à la Convention Apostille (en anglais)
  9. [9]Radio Algérie : le ministère des Affaires étrangères précise les modalités d'obtention de l'apostille
  10. [10]Plateforme nationale de l'apostille

Rédigé et vérifié par l'équipe Neuron Cowork, Dely Brahim. Vérifié le .

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