Embaucher un salarié étranger en Algérie : permis de travail, autorisation temporaire et séjour

Pour employer un salarié étranger, l'employeur demande pour lui un permis de travail aux services de l'emploi de la wilaya, avant toute embauche. La loi n° 81-10 du 11 juillet 1981 ne l'accorde que pour un poste qu'aucun travailleur algérien ne peut occuper, à un étranger qualifié au moins au niveau de technicien. Le permis vaut 2 ans au plus, pour un poste et un employeur précis, et donne lieu à un droit de timbre de 20 000 DA ; une mission de 3 mois au plus relève de l'autorisation de travail temporaire.

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En bref

Qui demande
L'employeur, auprès des services de l'emploi de la wilaya
Conditions
Poste non pourvu par un national, qualification au moins de technicien
Permis de travail
2 ans au plus, renouvelable, un seul employeur
Autorisation temporaire
3 mois au plus, renouvelable une fois dans l'année
Droit de timbre
20 000 DA, doublé au renouvellement (2 000 DA pour un conjoint d'Algérien)
Séjour
Carte de résident limitée à la durée du titre de travail
Sommaire

Quel document pour quelle situation

La loi n° 81-10 distingue le permis de travail, l'autorisation de travail temporaire et la simple déclaration. Le gérant étranger d'une société relève d'un autre texte et d'un autre document, la carte professionnelle.

SituationDocumentDuréeQui intervient
Salarié sur un poste durablePermis de travail2 ans au plus, renouvelableServices de l'emploi de la wilaya
Salarié pour une mission de 3 mois au plusAutorisation de travail temporaire3 mois au plus, renouvelable une fois dans l'annéeServices de l'emploi de la wilaya
Travaux exceptionnels de 15 jours au plus, 3 mois cumulés par an au maximumDéclaration de l'employeurLe temps des travauxDirecteur de wilaya chargé du travail
Ressortissant d'un pays dont un traité avec l'Algérie dispense du permisDéclaration 15 jours au moins avant le recrutementSelon le contratServices de l'emploi, qui remettent un récépissé
Gérant ou administrateur statutaire d'une sociétéCarte professionnelle2 ans, renouvelableWali de la wilaya du siège social
Le titre exigé selon la situation de l'étranger

Les conditions posées par la loi

Avant la demande : montrer qu'aucun Algérien ne peut occuper le poste

Le décret n° 82-510 du 25 décembre 1982 demande à l'employeur de s'assurer auprès des services de l'emploi, avant de déposer, que le poste ne peut pas être pourvu par un travailleur national (art. 7). La demande s'accompagne d'un rapport motivé de l'employeur et de l'avis des représentants des travailleurs ; sans eux, les services ne reçoivent pas le dossier (loi n° 81-10, art. 6).

Le rapport motivé indique au moins (décret n° 82-510, art. 2) :

  • Le nom ou la raison sociale de l'employeur.
  • Les exigences du poste, la description des tâches et la nature des travaux.
  • Les raisons qui justifient l'emploi d'un étranger, en particulier ses titres, diplômes et qualifications.

Le dossier du permis de travail

L'employeur qui recrute dépose la demande aux services de l'emploi territorialement compétents, ceux de la wilaya où se trouve le poste (décret n° 82-510, art. 6). Le salarié ne dépose pas lui-même.

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Délais et délivrance

  1. 1

    Dépôt du dossier

    L'employeur dépose aux services de l'emploi de la wilaya et reçoit un récépissé.

  2. 2

    Réponse sous 45 jours

    Le décret de 1982 donne 45 jours aux services de l'emploi pour notifier leur réponse à l'employeur. Passé ce délai sans réponse, leur avis favorable est réputé acquis (art. 9).

  3. 3

    Délivrance sous 15 jours

    Le permis est délivré dans les 15 jours qui suivent l'avis favorable (art. 10), au représentant mandaté de l'employeur ou au travailleur, contre le récépissé.

  4. 4

    Droit de timbre

    Le titre porte un timbre de 20 000 DA, payé à la recette des impôts. La loi le met à la charge du bénéficiaire (loi n° 81-10, art. 12 ; Code du timbre, art. 142 bis).

  5. 5

    Carte de résident

    Le travailleur demande ensuite sa carte de résident à la wilaya : le permis ne le dispense pas des formalités de séjour (décret n° 82-510, art. 4).

Missions courtes : autorisation temporaire ou simple déclaration

Pour une activité salariée de 3 mois au plus, l'employeur demande une autorisation de travail temporaire, par une demande motivée et après avoir consulté les représentants des travailleurs. Elle ne peut être renouvelée plus d'une fois dans l'année (loi n° 81-10, art. 8). La demande de renouvellement se dépose 8 jours au moins avant l'expiration, avec un rapport qui explique pourquoi la mission se prolonge (décret n° 82-510, art. 17).

Un étranger appelé à titre exceptionnel pour des travaux de 15 jours au plus, sans dépasser 3 mois de présence cumulée dans l'année, n'a pas besoin de cette autorisation (loi n° 81-10, art. 9). L'employeur le déclare au directeur de wilaya chargé du travail, avec un rapport sur le caractère exceptionnel des travaux, une fiche de renseignements et le décompte des jours travaillés en Algérie au cours des 12 derniers mois (décret n° 82-510, art. 20).

Les cas particuliers

  • Ressortissant d'un pays dont un traité avec l'Algérie dispense du permis : l'employeur le déclare aux services de l'emploi 15 jours au moins avant le recrutement et reçoit un récépissé par travailleur (loi n° 81-10, art. 3 ; décret n° 82-510, art. 19). Demandez aux services de l'emploi si un tel accord existe pour la nationalité concernée.
  • Conjoint étranger d'un citoyen algérien : le permis lui est délivré et renouvelé pour 2 ans sur présentation des documents d'état civil du mariage (loi n° 81-10, art. 11). Le droit de timbre tombe à 2 000 DA.
  • Réfugié ou apatride : le seuil de technicien ne s'applique pas aux réfugiés politiques (art. 3), et aucun droit de timbre n'est dû sur le titre de travail (Code du timbre, art. 142 bis).
  • Détachement ou mission de 3 mois au plus dans l'année : pas de droit de timbre sur le titre de travail (art. 142 bis).

Durée, renouvellement et changement d'employeur

Le permis de travail vaut 2 ans au plus et se renouvelle dans les mêmes conditions que la première demande (loi n° 81-10, art. 10). Déposez le renouvellement 45 jours au moins avant l'expiration : le récépissé permet au salarié de continuer à travailler jusqu'à la date de fin du permis, et les services de l'emploi notifient leur réponse 15 jours au moins avant cette date (décret n° 82-510, art. 13 et 14). Au renouvellement, le droit de timbre est majoré de 100 %, soit 40 000 DA.

Le permis est lié à un employeur. À la fin de son contrat, un salarié étranger peut être autorisé, à titre exceptionnel, à travailler pour un nouvel employeur, qui dépose alors sa propre demande (loi n° 81-10, art. 15). Le dossier comprend une attestation de l'ancien employeur sur la conduite et les qualités professionnelles du salarié, et un certificat de travail qui le libère de tout engagement (décret n° 82-510, art. 12).

Le séjour : visa et carte de résident

Le permis de travail ne règle pas le séjour. Pour entrer en Algérie, l'étranger présente un passeport et le visa exigé, délivré par les représentations consulaires algériennes ; le visa consulaire vaut 2 ans au plus et autorise 90 jours de séjour au plus par entrée (loi n° 08-11, art. 7 et 8). Le dossier du permis doit d'ailleurs prouver que le travailleur est entré régulièrement.

Pour résider en Algérie et y travailler comme salarié, l'étranger demande une carte de résident à la wilaya. Il ne l'obtient que s'il détient un permis de travail, une autorisation de travail temporaire ou une déclaration d'emploi, et la carte ne peut pas durer plus longtemps que ce titre (loi n° 08-11, art. 16 et 17). La demande se fait 15 jours avant l'expiration du visa (art. 18).

Durée de la carteDroit de timbre
6 mois5 000 DA
1 an10 000 DA
2 ans20 000 DA
10 ans40 000 DA
Droit de timbre de la carte de résident (Code du timbre, art. 141, loi de finances pour 2026)

La carte de 10 ans peut être accordée à l'étranger qui a résidé en Algérie de façon continue et régulière pendant 7 ans ou plus (loi n° 08-11, art. 16).

Gérant étranger : la carte professionnelle

Le permis de travail vise l'activité salariée. L'étranger qui administre ou gère statutairement une société commerciale relève de la carte professionnelle du décret exécutif n° 06-454 du 11 décembre 2006. Il la demande à la direction de la réglementation et des affaires générales de la wilaya du siège social, et le wali la délivre. Elle vaut 2 ans, se renouvelle sur demande déposée 60 jours au moins avant l'expiration, et son droit de timbre est de 30 000 DA depuis la loi de finances pour 2025. Son titulaire demande sa carte de résident dans les 90 jours, sauf s'il est membre d'un organe de gestion et ne réside pas en Algérie.

Après l'embauche : vos obligations d'employeur

ObligationDélaiOù et sur quelle base
Déclarer l'emploi de l'étranger48 heuresServices de l'emploi ; à défaut, commune, police ou gendarmerie (loi n° 08-11, art. 28)
Affilier le salarié à la CNAS10 jours après l'embaucheCNAS : l'affiliation est obligatoire quelle que soit la nationalité (loi n° 83-11, art. 6)
Envoyer l'état nominatif du personnel étrangerPremier trimestre de chaque année, pour l'année écouléeServices de l'emploi (loi n° 81-10, art. 22)
Signaler la fin du contrat48 heures après la ruptureServices de l'emploi (loi n° 81-10, art. 21 ; loi n° 08-11, art. 28) ; le permis leur revient dans les 15 jours
Le calendrier de l'employeur d'un salarié étranger

Pour le reste, le salarié étranger suit les règles de tout salarié : contrat écrit, affiliation à la CNAS (Caisse nationale des assurances sociales), cotisations et IRG retenu sur la paie.

Les sanctions

  • Employer un étranger sans permis ou autorisation, avec un titre périmé ou sur un autre poste que celui du titre : amende de 10 000 à 20 000 DA par infraction constatée (loi n° 81-10, art. 19, rédaction de 2015).
  • Ne pas envoyer l'avis de fin de contrat ou l'état nominatif annuel : amende de 5 000 à 10 000 DA, doublée en cas de récidive (art. 23, rédaction de 2015).
  • Employer un étranger en situation irrégulière de séjour : amende de 200 000 à 800 000 DA (loi n° 08-11, art. 49).

Les services peuvent aussi retirer le permis si les documents présentés se révèlent inexacts, ou si le salarié sort du poste, de l'employeur ou des conditions fixés par son titre (loi n° 81-10, art. 14).

Les erreurs fréquentes

  • Faire commencer le salarié avant la délivrance du permis.
  • Lui confier un autre poste que celui inscrit sur le permis.
  • Croire que le permis de travail vaut titre de séjour.
  • Déposer le renouvellement moins de 45 jours avant l'échéance.
  • Oublier la déclaration d'emploi sous 48 heures ou l'état nominatif annuel.
  • Demander un permis de travail pour le gérant statutaire, qui relève de la carte professionnelle.

Ce que Neuron fait, et ce qu'il ne fait pas

Neuron ne fait pas de demandes de permis de travail et ne représente pas les employeurs auprès des services de l'emploi. Nous créons la société qui recrute et domicilions son siège social à Dely Brahim pour 6 000 DA par mois, avec un contrat notarié de 1 ou 2 ans. Nous ne faisons ni comptabilité ni déclarations sociales : les formulaires de la CNAS se remplissent seul avec nos guides gratuits.

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Questions fréquentes

Qui dépose la demande de permis de travail ?

L'employeur qui recrute, auprès des services de l'emploi de la wilaya où se trouve le poste. Le salarié étranger ne dépose pas lui-même (décret n° 82-510, art. 6).

Peut-on embaucher un étranger sans diplôme ?

En règle générale, non : la loi interdit d'employer un étranger dont la qualification est inférieure à celle de technicien. Les exceptions visent les ressortissants d'un État lié à l'Algérie par un traité ou une convention, les réfugiés politiques et les dérogations du ministre en cas de force majeure.

Combien coûte le permis de travail ?

Le droit de timbre est de 20 000 DA pour la durée du permis, 40 000 DA au renouvellement, et 2 000 DA pour le conjoint étranger d'un citoyen algérien (Code du timbre, art. 142 bis, rédaction de la loi de finances pour 2022). Les ressortissants dispensés par traité, les réfugiés, les apatrides et les détachements de 3 mois au plus par an en sont exonérés.

Combien de temps dure l'instruction ?

Le décret de 1982 donne 45 jours aux services de l'emploi pour répondre, puis 15 jours pour délivrer le permis après l'avis favorable. Sans réponse dans les 45 jours, l'avis favorable est réputé acquis.

Le permis de travail permet-il de séjourner en Algérie ?

Non. Le salarié entre avec le visa exigé, puis demande une carte de résident à la wilaya. Cette carte ne dure pas plus longtemps que son titre de travail.

Mon salarié étranger peut-il changer d'employeur ?

Le permis vaut pour un seul employeur. À la fin du contrat, les services de l'emploi peuvent autoriser le salarié, à titre exceptionnel, à travailler pour un nouvel employeur, qui dépose une nouvelle demande.

Le gérant étranger de ma SARL a-t-il besoin d'un permis de travail ?

Le gérant statutaire relève de la carte professionnelle délivrée par le wali (décret exécutif n° 06-454), valable 2 ans, avec un droit de timbre de 30 000 DA. Le permis de travail vise l'activité salariée.

Neuron peut-il obtenir le permis pour moi ?

Non, nous ne faisons pas de demandes de permis de travail. Nous créons et domicilions votre société ; les formulaires CNAS de vos salariés se remplissent seul avec nos guides gratuits.

Sources officielles

  1. [1]Loi n° 81-10 du 11 juillet 1981 relative aux conditions d'emploi des travailleurs étrangers, JO n° 28 du 14 juillet 1981
  2. [2]Décret n° 82-510 du 25 décembre 1982 fixant les modalités d'attribution du permis de travail et de l'autorisation de travail temporaire, JO n° 56 du 28 décembre 1982
  3. [3]Loi n° 83-11 du 2 juillet 1983 relative aux assurances sociales, art. 6, JO n° 28 du 5 juillet 1983
  4. [4]Décret exécutif n° 06-454 du 11 décembre 2006 relatif à la carte professionnelle des étrangers, JO n° 80 du 11 décembre 2006
  5. [5]Loi n° 08-11 du 25 juin 2008 relative aux conditions d'entrée, de séjour et de circulation des étrangers, JO n° 36 du 2 juillet 2008
  6. [6]Ordonnance n° 15-01 du 23 juillet 2015 portant LFC 2015, art. 55 et 56 (amendes de la loi n° 81-10), JO n° 40 du 23 juillet 2015
  7. [7]Loi n° 21-16 du 30 décembre 2021 portant loi de finances pour 2022, art. 88 (Code du timbre, art. 142 bis), JO n° 100 du 30 décembre 2021
  8. [8]Loi n° 24-08 du 24 novembre 2024 portant loi de finances pour 2025, art. 51 (carte professionnelle), JO n° 84 du 26 décembre 2024
  9. [9]Loi n° 25-17 du 14 décembre 2025 portant loi de finances pour 2026, art. 46 (carte de résident), JO n° 88 du 31 décembre 2025

Rédigé et vérifié par l'équipe Neuron Cowork, Dely Brahim. Vérifié le .

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